#LaPresse, Monsieur, ne peut pas être libre !

 *La presse est ici prise au sens large, comme pouvoir médiatique voir même politique.

L’image.

Le 2 février 2019 Mme Monique Pinçon-Charlot dans la promotion de son dernier ouvrage est l’invitée d’un véritable traquenard, médiaco-politique, comme il est malheureusement souvent le cas dans l’émission « C l’hebdo », au cours du quel un certain Jean-Michel Aphatie, qui n’a certainement pas lu le livre, a balancé la plus grosse contre vérité de toute sa carrière, ce qui pourrait rester comme sa plus grosse Fake-News, un comble quand on se prétend journaliste. La thèse du livre étant que « LA PRESSE » a promu plus que de raison le candidat Macron lors des dernières présidentielles. Puis dans un réflexe qui ressemble a de l’autodéfense, l’éditorialiste se lance alors dans un monologue insupportable pour déresponsabiliser « LA PRESSE », arguant si fabrication il y a, c’est que le jeu politique à fabriqué quelques choses, pas « LA PRESSE ». Tous çà pour enfin péniblement dans une absurdité tant philosophique que morale lâcher un :

La presse, Madame, elle est libre !

Voilà, qu’en suite le droit de réponse sera spolié au montage de l’émission, comme on peut le voir sur cette vidéo. Cette séquence prouve comme l’écrit Pauline Perrenot : dans un excellent article sur le site de l’ACRIMED qu’ « il est impossible de critiquer la télévision à la télévision » ce Pierre Bourdieu avait démontré en allant sur le plateau d’Arrêt sur images en janvier 1996 . Cette émission est une variante de cette démonstration : il est impossible de critiquer un pouvoir politique face à ses valets médiatiques.

Il existe donc une double contrainte qui conduit les médias et la presse du marché dans une quête identitaire et permanente, par le biais d’une stratégie commune, que l’on peut nommer « Primus inter Pares » (PIP qui veut dire Premier d’entre les Paires). À l’instar de l’effet éponyme, connu en Psychologie Sociale, cette stratégie est la seule adoptable par la presse, comme pour les médias main-stream, soumis tout deux qu’ils sont à deux injonctions paradoxales d’une loi du marché, éminemment perverse.

La première de ces injonctions est l’exigence de se démarquer fortement de la concurrence, de sortir du lot, d’être visible afin d’être identifiable, bref d’exister comme un média à part et à part entière ! C’est la quête de la fameuse ligne éditoriale incarnée de préférence par un éditorialiste en chef de fille, genre premier de cordée, qui aide se distinguer de la concurrence. C’est la quête de LA ligne éditoriale originale qui doit avoir l’exigence d’un ton particulier et un point de vue clair qui rassemble un maximum d’audience dans ses publications afin de, par exemple, pouvoir garantir ses parts d’audience dans un marché où les clients sont désireux d’être vus !

La seconde injonction est totalement contradictoire avec la première, c’est d’être à la mode, rester dans la course, se conformer aux normes en vigueur au sein de l’espace médiatique, ne pas être marginalisé par un excès d’originalité, c’est par exemple rester semblable aux autres médias, ne serait-ce que pour présenter un devis admissible et comparable à ses clients publicitaires.

Ainsi doublement contraint, à être « entre eux » semblable et « en même temps » différentiable, ne pouvant satisfaire à l’une de ces deux exigences, sans violer l’autre, les médias sont obliger de produire ce que l’on peut appeler une conformité supérieure d’eux même : Cela explique pourquoi, les médias de marchés parlent tous toujours des mêmes choses et qu’ils ont la même ligne éditoriale : Ils se formatent entre eux !! Ils se conforment tous à un modèle médiatique unique, le plus prototypique possible, dont il ne faut surtout pas s’écarter, sous peine d’être rejeter et de ne pouvoir proposer à leurs client du temps de cerveau disponible

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